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Chopin face à Mozart : le duel de la soie et de la merde

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nameeffoc
58 Montréal
Abus Citer Posté le lundi 23 février 2026 à 07:32
Chopin et la "Supercherie de la Merde" : Le Vrai du Faux

Le fantasme : Un Chopin caché dans la merde

Bien des gens s’imaginent encore que Frédéric Chopin cachait une face sombre derrière ses nocturnes. On entend dire qu'il aurait écrit des lettres immondes, obsédées par la scatologie (le caca). L'idée est de croire que derrière l'idole se cache la fange (la merde). C’est une erreur totale.

La coupable : Paulina Czernicka

Tout part de cette "bonne femme", Paulina Czernicka, qui surgit après 1945 avec des prétendues lettres de Chopin à la comtesse Delfina Potocka. Dans ces textes, Chopin parlerait de sexe de façon crue et de merde.

Le problème ? C'est une invention totale. Czernicka n'a jamais montré les originaux. Elle a pris la correspondance connue de Chopin — celle qu'il envoyait à sa famille, à ses amis d'enfance comme Tytus Woyciechowski, ou à son copain Julian Fontana — et elle y a injecté ses propres délires vulgaires. Ce sont des textes apocryphes (c'e.s.t-à-.dire des faux, des écrits dont l'authenticité n'est pas établie). Czernicka finira par se suicider en 1949, emportant ses mensonges avec elle.

La personnalité de Chopin : Un tyran de l'élégance

Si Chopin n'aimait pas la merde, il n'était pas un ange pour autant. Sa personnalité était un mélange de génie et de mépris.

Un Esthète obsessionnel [dandy]: On pourrait dire un quelqu'un qui ne vit que pour le beau, un élégant ou, de façon plus familière à l'époque, un gandin ou un lion (les rois de la mode dans les salons parisiens).

Chopin ne sortait jamais sans ses gants de chevreau blancs et ses cheveux bouclés au fer. C'était le luxe ou rien : il dépensait des fortunes en calèches de location alors qu'il était fauché. Il avait une sainte horreur de la médiocrité et du "peuple". Il vivait dans un monde de salons, de parfums et de soie.

Un tuberculeux au caractère de chien : La maladie, la phtisie (tuberculose), ne l'a pas rendu doux, mais irritable. Il était capable de crises de colère noire, brisant des chaises ou ses crayons de rage quand un élève jouait mal. Sa compagne pendant 9 ans, George Sand — de son vrai nom Aurore Dupin (baronne Dudevant) — l'appelait "mon cher cadavre". Elle devait supporter ses indécisions maladives : il pouvait passer des jours à pleurer pour le choix d'une seule note ou d'une couleur de papier peint.

L'humour noir et le mépris des Philistins : Dans ses lettres à Fontana, il se moque de tout le monde avec une cruauté incroyable. Il est cynique, souvent antisémite (hélas courant dans son milieu à l'époque), et déteste les Philistins (les bourgeois bornés qui ne comprennent rien à l'art). En parlant du pianiste Thalberg, il écrit : "Il a des diamants à sa chemise, mais il n'a rien dans la tête. Il joue comme un boucher qui découpe sa viande."

Conclusion : Chopin l'esthète face à Mozart le scatophile

Il faut arrêter de fantasmer : la « perversité » de Chopin n'est qu'une invention de Paulina Czernicka, une faussaire qui a voulu injecter ses délires de fange (de merde) dans des lettres apocryphes (fausses). Chopin était un esthète (un dandy) maladif qui méprisait la vulgarité autant que les philistins (les bourgeois bornés). C'était un homme de soie, de gants blancs et d'ironie acide. La merde, il ne voulait même pas en entendre parler, lui qui passait ses journées à se parfumer pour oublier qu'il était phtisique (tuberculeux).

Mozart, par contre... c'est une tout autre histoire. Pas besoin de faux documents ici : sa vulgarité est 100% authentique et assumée. Mozart aimait la merde et il l'écrivait sans complexe. On retrouve dans ses lettres ces phrases restées célèbres :

"Je vous souhaite une bonne nuit, chiez dans votre lit à faire du bruit."

ou encore :

"Oh, mon derrière me brûle comme le feu ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Peut-être que la merde veut sortir ?"

Pendant que Chopin se pinçait le nez dans les salons de George Sand (Aurore Dupin;baronne Dudevant), Mozart, lui, s'amusait comme un gamin avec son propre derrière. C’est la différence entre un aristocrate de l’esprit qui fuyait la réalité et un génie de la terre qui n'avait peur de rien, surtout pas du ridicule.

Complément : Les manies surprenantes:

Pour comprendre Chopin, il faut voir jusqu'où son obsession du beau allait :

Le fétichisme des gants : Terrifié par la saleté, il changeait ses gants blancs plusieurs fois par jour. Une tache était pour lui une tragédie nationale.

Le parfum contre la mort : Pour masquer les odeurs de sa tuberculose, il exigeait des bouquets de violettes partout et se ruinait en parfums coûteux.

L'horreur du "Gros" : Il avait un dégoût physique pour tout ce qui était massif : les voix fortes, les pianos bruyants, et même les gens en surpoids, qu'il jugeait "anti-esthétiques".

Modifié le lundi 23 février 2026 à 07:34